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Heinrich Schütz : Symphonies Sacrées 1 & 2 –Petits Concerts spirituels
Festival de Lanvellec, Théâtre de l’Arche, Tréguier (22) – Samedi 12 octobre 2019, 20h30

C’est entre 1629 et 1647, que Heinrich Schütz compose les recueils 1 & 2 de Symphoniæ Sacræ, ensemble d’oeuvres (27 pièces) composées pour la Cour du Danemark, à laquelle le compositeur était attaché pendant 40 années (1617-1657), pour une combinaison de voix et d’instruments se situant entre l’intimité des Concerts Spirituels (Geistliche Concerte, vol. 1 & 2, motets pour voix et continuo composés entre 1636 et 1639)  et ses oeuvres pour plus larges effectifs tels les Psaumes de David, le Musikalische Exequien (Requiem allemand) ou la Geistliche Chormusik.

Entre la splendeur des œuvres d’inspiration directement italienne comme les Madrigaux et les Psaumes de David en style polychoral d’une part, et les œuvres fastes d’après la guerre comme le 3e volume des Symphonies Sacrées (1650), le compositeur est amené à compter avec une modestie des moyens qui, combinée au développement de l’art instrumental et vocal de cette période où irradie l’Italie et qui facilite une plus grande souplesse de style et de combinaisons, l’amène à exprimer les paroles sacrées avec une intensité et une variété d’écritures nouvelle bien qu’avec des effectifs réduits.

Alors que les Symphonies Sacrées 1, publiées à Venise en 1629, comportent 20 pièces composées sur des textes latins, avec 4 à 6 parties vocales et instrumentales dans des combinaisons inédites (souvent 2 violons et continuo non spécifié, ici ou là un cornet un ou des bassons, voire un ensemble de saqueboutes), le deuxième recueil, qui s’en veut la continuation, comporte 27 « concerts » pour 1 à 3 voix, deux instruments – presque toujours des violons – et continuo. La liberté d’écriture, la profondeur de l’expression dans une grande économie de moyens en même temps qu’une virtuosité solistique grandissante sont d’un équilibre admirable.

Les Kleine Geistliche Concerte (Petits Concerts spirituels), quant à eux, explorent le style le plus sobre et direct au service de l’expression la plus émouvante. Schütz y utilise le « stile oratorio », càd déclamatoire combiné au style madrigalesque, figuraliste – mais ce dernier avec sobriété, allant rarement dans les extrêmes chromatiques ou spectaculaires des compositeurs italiens du temps. Seuls y sont sollicitées les voix et la basse continue, au service de textes également tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament, et de quelques textes de piété (O süßer, o freundlicher…). Nullement faits pour la lecture intégrale, ces recueils sont des répertoires où l’on puise au gré des préoccupations et des sujets de l’heure, et dont on glisse les pièces entre les parties d’ensembles plus grands.  Avec les Symphonies sacrées de la même époque, leur alternance crée une complémentarité poétique et heureuse.

C’est ainsi que nous l’entendons : dans l’alternance, selon une succession d’atmosphères tantôt plaintives ou dévotes, tantôt combattives ou jubilatoires à la manière des textes de psaumes, et ponctués par de brèves interventions instrumentales du presque contemporain Johann Rosenmüller, cet autre Saxon italianisé (il a œuvré à Leipzig, mais encore plus à Venise), tout aussi magnifique.

Le Parlement de Musique
  • Eugénie Warnier, soprano
  • Laureen Stoulig, soprano
  • Nathanaël Tavernier, basse
  • Stéphanie Pfister, violon 1
  • Bérangère Maillard, violon 2
  • Geneviève Koerver, violoncelle
  • Martin Gester, orgue, clavecin et direction

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