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(dans l’ordre temporel).

 

COMBATTIMENTI : Claudio Monteverdi & Zad Moultaka

Double drame pour soprano, ténor et baryton cinq cordes, harpe, orgue & clavecin.

à l’occasion du 450e anniversaire de Claudio Monteverdi (1567-2017)

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A l’invitation de Martin Gester, Zad Moultaka et Mezwej rejoignent Le Parlement de Musique, le Festival Musica et l’Arsenal de Metz pour créer une œuvre entourant Il Combattimento di Tancredi e Clorinda, « action en musique » de Claudio Monteverdi composée à partir d’un extrait de La Jérusalem Délivrée du Tasse.

Le déchirant Combattimento di Tancredi e Clorinda fait partie du livre VIII des Madrigali guerrieri e amorosi, et relate le combat de Tancrède, preux chevalier, contre Clorinde, la belle sarrasine dont il est amoureux et qu’il n’a pas reconnue sous l’armure qu’elle a revêtue. Des sons et des images – coups d’épée, cliquetis des armes –, le sang qui coule en abondance… sont reproduits par les instruments qui jouent ad imitatione delle passioni dell’oratione, suivant le discours du narrateur et l’émotion poignante créée par son récit. Tancrède, après un duel acharné, transperce de son épée Clorinde. Celle-ci, touchée par la grâce, et dans un ultime élan d’amour, lui demande le baptême pour la paix, ou plutôt pour le salut de son âme – puisque le corps ne peut plus être sauvé. Le chevalier répond à sa demande, accomplissant ainsi un dernier geste d’union symbolique.

Sur ce thème très actuel, autour de cette œuvre marquante par son sujet et par son approche artistique, le concert aborde les problématiques du rapprochement et de l’antagonisme, de l’harmonie et de la guerre, de l’amour et de l’adversité, du masque qui cache le semblable  sous l’altérité.

Zad©Catherine_Peillon.

Reprenant au Combattimento de Monteverdi le dispositif instrumental, le texte dans la même langue et la durée, Zad Moultaka (photo ci-dessus) inscrit en amont de l’œuvre monteverdienne son propre Combattimento que prolonge « Il Sorgere », un moment électro-acoustique propre à faire surgir la pièce de Monteverdi du noir et du silence, comme celui-ci le souhaitait : : « Si farà entrare alla sprovista dalla parte de la Camera in cui si fara la Musica (…) »  (Le Combat arrivera à l’improviste du lieu où jouent les instruments …). Après avoir introduit les personnages et le début du combat, le Testo (Récitant) invoque la Nuit (« Notte che nel profondo e oscuro seno / chiudeste, e nel oblio, fatto si grande / degno d’un chiaro sol, degno d’un pieno Teatro / opre sarian si memorande» : « O Nuit, dont les profondes ténèbres ont recouvert sous l’oubli un acte si illustre !  Dignes pourtant de la clarté du soleil, dignes d’un vaste théâtre, seraient des exploits si mémorables »)  dans un chant qui fait appel à toutes les ressources de son art, avant de retourner à la narration du combat, simplement, abruptement, « en imitant les passions du récit ».

Le Parlement de Musique & Mezwej

  • Francesca Sorteni (soprano) (photo)
  • Jean Gabriel Saint-Martin (baryton) (photo n/b)
  • Fernando Guimarães (ténor)  (photo)
  • Gilone Gaubert & Florence Strœsser, violons – Sara Goméz, viola da braccio – Filipa Meneses, basse de viole – Peter Pudil, violone – Marie Bournisien, harpe – Aline Zylberajch, orgue
  • Martin Gester, clavecin & direction

Création au Festival Musica, Strasbourg, église protestante Sainte Aurélie, le 4 octobre 2017, 20.30. Enregistrement France Musique.

Reprise à l’Arsenal de Metz, Salle de l’Esplanade, le 5 octobre 2017, 20.00

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