Le Parlement de Musique

L’orgue au temps de Mozart

Dans le cadre du Festival Stras’Orgues
Vendredi 26 août à 18h30, Chapelle du Grand Séminaire, Strasbourg

Lorsque Wolfgang Amadeus Mozart, revenant en 1778 de Paris à Salzbourg, séjourna à Strasbourg, le facteur d’orgues Jean André Silbermann lui fit visiter et jouer deux de ses plus beaux instruments dont celui de l’église Saint Thomas. On dit qu’il y improvisa : on se plaît à rêver de ce qu’on y put entendre.
Dans toute son oeuvre, pas une seule n’est destinée tout spécialement à l’orgue: sonates d’église avec orchestre (de petits et ravissants concertos écrits pour l’office religieux à Salzbourg, qui demandait toujours une grande concision) et quelques pièces (de grande envergure, celles-là, et tardives) pour une « mécanique d’orgue » ou « horloge musicale ».
Que jouait alors Mozart quand il touchait un orgue comme il le fit maintes fois durant ses voyages ? Notre programme contribuera à donner une idée de ce qui a pu former et de ce qu’a pu être son style et celui de ses contemporains à l’orgue.
Nous y réunissons des oeuvres concertantes « pour le clavier » entouré des instruments à cordes selon la manière héritée de Johann Christian Bach – lui-même à l’école de Giambattista Sammartini à Milan et de Giuseppe Sammartini de Londres. Après les premiers essais mozartiens dans des Concertos de chambre K. 107 adaptés à son usage à partir des Sonates opus 5 du Bach de Londres, les Sonate all’epistola de Mozart reprennent le dispositif dans une forme extrêmement concise et utilisent le typique « trio salzbourgeois » fait de 2 violons et basse comme base de l’orchestre. Carl Philip Emmanuel Bach est le plus connu des compositeurs à fournir des pièces pour orgue composées à l’imitation du style du pianoforte/du clavecin : ce sont les six Sonates destinées à la Princesse Amalia de Prusse qui possédait un orgue de salon de relative importance (mais, dit C.P.E. Bach, qui « ne savait pas se servir des pédales »). Enfin les compositeurs tels Joseph Haydn, C.P.E. Bach et L.v. Beethoven prennent plaisir à écrire à l’occasion de ravissantes pièces pour horloge musicale (« ein Orgelwerk in einer Uhr », un mécanisme d’orgue qui joue tout seul), et Mozart s’y illustre tout particulièrement dans deux grandes Fantaisies en fa mineur tardives et où le contenu affectif dépasse très largement la dimension mécanique qu’on attend d’une machine.

Oeuvres de Giuseppe Sammartini, Carl Philip Emmanuel Bach, Johann Christian Bach, Joseph Haydn et Wolfgang Amadeus Mozart

Avec Aleksandra Brzoskowska & Florence Stroesser, violons
Shuko Sugama, contrebasse
Martin Gester, orgue & direction